Sauvons les grenouilles

Nos grenouilles disparaissent...

Rappelons que cet amphibien est une espèce protégée depuis le 19 novembre 2007. Toutefois, malgré les dispositifs déployés, la grenouille est particulièrement menacée par la pollution des eaux et les insecticides aériens.

Si bien qu'aujourd'hui il devient difficile de rencontrer cet animal qui, autre fois, peuplait nos ruisseaux. La grenouille, à la différence du crapaud (qui n'est pas le mâle de celle-ci), ne dispose pas d'une peau épaisse et résistante. Elle a donc besoin de rester proche des zones humides. Et aujourd'hui c'est cet aspect de sa morphologie qui semble la condamner à disparaître car la pollution de l'air aux abords des villes est un facteur supplémentaire de l'empoisonnement de son milieu de vie

Un autre phénomène participe aussi à son déclin : le réchauffement climatique à l'orignine de la raréfaction des cours d'eau. Si vous vivez en montagne, c'est un fait très perceptible : les chemins de randonnées de notre enfance étaient pour la plupart parcourus par des cours d'eau libre, les tourbières nombreuses, bref l'eau claire abondante. Aujourd'hui ces mêmes chemins sont secs et les cours d'eau disparaissent fréquemment en été. Or, c'est un fait, cette espèce a besoin d'eau pour ses œufs. Et s'il ne faut qu'une vingtaine de jours pour les voir éclore, les milieux humides non pollués sont indispensables à leur survie.

Un crapaud des montagnes

Grenouille ou crapaud même combat !

Si le crapaud est capable de résister d'avantage à la raréfaction des points d'eau car il dispose d'une peau épaisse et "grasse," pour sa progéniture il se retrouve dans la même problématique que sa proche cousine. En conséquence nous observons aussi un déclin inquiétant de cette espèce.

Les crapauds sont faciles à reconnaître car ils ont des pattes très courtes et sautent mal, d'ailleurs ils marchent plus qu'ils ne sautent. Leur peau rugueuse est recouverte de pustules. Ce sont d'ailleurs les seuls amphibiens à présenter une résistance à la déshydratation, certaines espèces sont capables de survivre en milieux presque arides.

Comment aider ?

  • En campagne :
    Soyons des éco-conducteurs : particulièrement en soirée, soyons vigilants sur la route car grenouille et crapaud tentent souvent la traversée. Un geste simple qui pourrait permettre de lutter contre leur déclin, car les "roubines" sont des milieux de choix pour ces petits animaux.
  • En montagne :
    Soyons des écologiste : ne ramassons pas les grenouilles pour les observer chez nous, car le bocal météo de notre enfance n'est vraiment plus à l'ordre du jour.
    En revanche nous pouvons favoriser leur reproduction en déplaçant les œufs de grenouille présents dans une flaque vers un point d'eau plus favorable. Il faut parfois 3 semaines pour voir éclore les têtards. Donc si la flaque d'eau est amenée à disparaitre rapidement (en 7 jours), ne soyons pas frileux : perdu pour perdu, le déplacement des amas gélatineux n'est pas une mauvaise idée !
    Pour améliorer nos chances, il faut savoir prendre le temps. Tenons compte de l'écart de température d'un milieu à l'autre. Le mieux étant toujours une mise en température progressive à l'aide d'une bouteille (fermée) qui contient vos œufs et l'eau du milieu initial. Lorsque vous immergez la bouteille dans le second milieu (caller celle-ci avec une pierre), la température de l'eau en bouteille va progressivement baisser, pour finalement être identique à celle du nouveau milieu. Avec cette méthode nous diminuons efficacement les risques de chocs thermiques.
    Autre détail important : l'immersion des œufs, la grenouille rousse pond ses œufs en surface à la différence des grenouilles agiles, vertes, et rainettes qui sont immergées.
    Nourrir facilement les oeufs :

    Augmenter les chances de survies de nos petits protégés en noyant immergeant quelques fleurs, car le pollen est une nourriture appréciée des œufs.
  • Dans votre jardin : aménageons un coin d'eau à l'aide d'un bassin, et évidement n'utilisons pas de poison pour les limaces car elles font partie de leur régime alimentaire de base.

Crédits photographiques : Simon EUGSTER & Gabriel RIBOT